La révolution industrielle

Màj le 08 avril 2015

Le terme révolution évoque l‘idée d‘un changement radical et d‘une mutation profonde des structures économiques. C‘est une rupture quantitative favorisant la croissance à partir de facteurs favorables qui ont permis la mise en œuvre d‘inventions nouvelles.


La révolution industrielle correspond au développement spectaculaire de l‘industrie à partir de la fin 18° siècle en Grande Bretagne, puis au cours du 19° siècle dans le reste du monde.


« révolution industrielle »

Au début de la révolution industrielle, se trouve la phase du décollage économique = « take-off » qui assure le renouveau des conditions de croissance. Cette période de transition a été définie par ROSTOW (1916–2003) et selon lui, elle est rendue possible par l‘accumulation du capital, par la création d‘industries motrices et par la constitution d‘institutions politiques modernes. (« Les étapes de la croissance économique » 1960) – [recherche sur Rostow].

Néanmoins, certains soutiennent que la révolution industrielle est un mythe. La considération que la révolution industrielle conçue comme un bouleversement fondamental est souvent exagérée selon François Caron (« Les deux révolutions industrielles du 20°siècle » 1999) ; pour lui, l‘industrialisation est un processus continu, le résultat des efforts maintenus sur plusieurs siècles. Distinguons la 1ère et la 2ème industrialisation.

I. Révolution agricole, démographique et culturelle

La révolution industrielle s‘accompagne d‘une triple révolution concernant l‘agriculture, les évolutions démographiques et le changement de mentalité.

A – Révolution agricole

L‘outillage traditionnel s‘améliore : réalisation des socs en fer au lieu que ceux en bois. La forme de charrue a été modifiée et la faux remplace graduellement la faucille.

L‘introduction des plantes fourragères conduit à une situation tout à fait nouvelle, ces plantes n‘épuisent pas le sol car leur consommation en produits chimiques est différente de celle des céréales traditionnelles et elle s‘effectue à une profondeur plus importante. Elles autorisent un cycle quadriennal qui remplace le cycle triennal habituel. Ainsi un système qui était improductif une année sur trois devient constamment productif.

Le rôle de l‘agriculture dans la révolution industrielle reste pourtant sujet à controverses. Pour de nombreux historiens dont Paul Bairoch (1930-1999), la révolution industrielle aurait été impossible sans un développement antérieur ou concomitant de l‘agriculture, le décollage s‘effectue dans une situation d‘autosuffisance alimentaire dans un monde ou 80% à 90% vivent de la terre.

Les effets positifs du développement de l‘agriculture sur l‘industrie peuvent être difficilement niés :

Dans l‘agriculture, l‘heure est à la mécanisation et à l‘utilisation des engrais chimiques, qui se substituent aux engrais naturels ; la diffusion de ces progrès est lente, en raison de la méfiance persistante des paysans. Mais ces résistances sont progressivement vaincues par les agronomes et les Etats qui mènent une politique agricole active.

  •  Amélioration des rendements donc une meilleure alimentation, amélioration de la productivité dans le secteur industriel
  • L‘agriculture a fourni les matières premières à l‘industrie (coton, bois, laine)
  •  Les exportations des matières agricoles fournissent des devises pour l‘achat des biens d‘équipement industriel
  •  Une main d‘oeuvre rurale non qualifiée et peu exigeante est disponible pour travailler dans les usines et les mines

Les progrès réalisés par l‘agriculture permettent un accroissement démographique. Alors que la natalité reste élevée, la révolution agricole provoque une chute spectaculaire de la mortalité. Cet accroissement de la population se fait dans un contexte d‘urbanisation et de concentration de la main d‘œuvre près des centres industriels. En conséquence la taille des marchés s‘accroît et la demande de produits manufacturés est plus soutenue, la consommation stimulant l‘expansion industrielle.

B – Révolution culturelle

Le décollage économique suppose de la part de la population une nouvelle attitude par rapport à l‘argent. Le profit a été pendant longtemps considéré comme illégitime. Le profit est ainsi une notion condamnable. La réussite des affaires est conçue comme un devoir, elle est la preuve que « le Seigneur accorde sa grâce à ceux qui s‘enrichissent ».

L‘affirmation d‘un Etat de droit est même favorable à la croissance et au développement des affaires.

L’économie politique est née avec la révolution industrielle.

Les économistes classiques sont les premiers à donner une interprétation générale du système économique fondée sur la notion de marché. Leurs analyses sont en rupture avec les Mercantilistes et avec les Physiocrates.

Pour les Classiques, le partage du revenu national se fait de plus en plus en faveur de propriétaires fonciers et des travailleurs aux dépens des entrepreneurs capitalistes. Cette situation doit amener l‘économie vers un état stationnaire pour repousser cette échéance, RICARDO milite en faveur de l‘importation des céréales à bon marché .

KARL MARX, insiste sur le fait que le capitalisme par son mode de fonctionnement génère des crises de surproduction.

II – Révolutions technique et financière

Les inventions se développent par grappe (Schumpeter) ; la mise en oeuvre d‘une innovation entraîne nécessairement d‘autres innovations. L‘utilisation des locomotives amène vers des recherches sur des matériaux nouveaux pour fabriquer les rails dans le but de remplacer le fer.

Insuffisamment résistant, les premières découvertes décisives se font dans l‘industrie cotonnière.

En 1769, James watt invente la machine à vapeur : simplification des rouages de transmission, remplacement du piston par la turbine. La machine à vapeur est utilisée pour pomper l‘eau, pour créer de nouvelles machines à outils.

L‘utilisation du fer connaît aussi un progrès considérable.

Le financement de l‘industrialisation suppose le développement des banques et des marchés financiers.

Dans un premier temps, les capitaux personnels tirés du négoce maritime ou de la propriété foncière et l‘autofinancement ont paru suffisants mais l‘épargne personnelle ne suffisait plus à financer l‘industrie, du fait du besoin en financement de machines plus sophistiquées et plus coûteuses.

Les banques ont été créées pour faciliter les opérations de crédit. Une séparation a été effectuée entre les banques de dépôts et les banques d‘affaires. Les premières sont en contact direct avec le public grâce à de nombreuses succursales et trouvent leurs ressources dans le dépôt de leur clientèle.

Les secondes se financent par capitaux propres ou par recours à l‘emprunt et prennent des participations dans des affaires industrielles. Le meilleur exemple nous est donné avec les banques allemandes qui ont véritablement joué un rôle actif dans le développement de la grande industrie allemande (La Deutsche Bank, ….)

Le développement des Sociétés Anonymes et de la Bourse ne se fera véritablement que dans la seconde moitié du 19° siècle.

Le rôle du marché et de l’Etat

Pendant des siècles, en Europe, toutes les activités à caractère économique étaient réglementées ; cette réglementation était de nature à entraver l‘accumulation du capital et à contrarier l‘augmentation des richesses. Le triomphe du libéralisme entraîne l‘émergence des marchés nationaux et internationaux provoqué par :

  •  La réduction de l‘autosuffisance et de l‘autoconsommation en milieu rural
  •  La modernisation croissante des transactions
  •  Le développement des moyens de transport
  •  Un cadre juridique étatique garantissant les rapports d‘échange et le maintien de la concurrence.

Révolution des transports

Les échanges de marchandises sont favorisés par l‘amélioration des réseaux routiers et l‘extension des canaux.

La première ligne du chemin de fer est mise en place en 1821 prés de Newcastle en Grande Bretagne.

Le progrès réalisé dans la construction de la machine à vapeur bouleverse la navigation maritime, ce qui a stimulé les échanges et le commerce international.

L‘Etat jouait la fonction du gendarme, il s‘agissait du « laisser faire » avec un protectionnisme qui ne va être levé qu‘en 1846 avec la suppression des corns laws [ou lois sur le blé qui étaient une série de lois protectionnistes appliquées au Royaume Uni entre 1815 et 1846 ; elles encourageaient l’exportation et décourageaient l’importation de blé lorsque son cours passait en dessous d’un certain seuil, ce qui abritait les producteurs britanniques (souvent aristocratiques) de la concurrence extérieure, en particulier des colonies (comme l’Irlande) ; les conséquences de ces corn laws : augmentation du prix du pain, élément de base + misère des ouvriers + hausse des prix des transports qui emmenaient des marchandises anglaises mais revenaient vides + élévation des prix des terres à louer appartenant aux aristocrates opposés à toute réforme + peu de terres disponibles pour fermiers qui louent à prix fort  corn laws : entrave au libre-échange.]

En Allemagne, l‘Etat assure l‘unification douanière du marché intérieur par la création du Zollverein en 1834.

En France l‘Etat continue l‘amélioration du réseau routier (création de l‘école Ponts et Chaussées 1749).

Avec la grande crise de la fin de siècle (1873-1896), une période s‘achève pour les pays pionniers de la révolution industrielle, l‘industrialisation est définitivement lancée mais la croissance demeure instable.



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