La rentabilité économique des investissements (avenir certain)

Pour les besoins de son activité, toute entreprise est conduite à réaliser des investissements. L’investissement est généralement défini comme une dépense certaine engagée dans le but d’obtenir des recettes futures qu’on espère supérieures.La finalité de l’investissement est donc d’accroître la richesse de l’entreprise, donc sa valeur. L’exploitation de cet investissement générera des recettes et des dépenses qu’il convient d’estimer pour s’assurer que l’investissement produira un profit intéressant.

C’est la rentabilité économique du projet. Tout investissement non rentable a priori ne sera pas réalisé. Cette rentabilité économique sera déterminée à l’aide de critères de choix qui permettront d’accepter ou de refuser un projet ou de choisir entre plusieurs projets.

Les flux monétaires générés par un investissement

◆ Exemple : 

La SA Madoni envisage d’investir la somme de 135 000 € dans un nouveau projet de production. Il s’agit de créer un site de production spécialisé dans un produit nouveau. Le matériel utilisé sera amorti sur 4 ans en linéaire. Le besoin en fonds de roulement nécessaire à l’activité est estimé à 30 000 €.

Dans le temps, cet investissement va générer des flux nets de trésorerie (encaissements et décaissements) qui vont être évalués et regroupés dans le tableau suivant :

flux monétaires générés par un investissement

(1) Besoin en fonds de roulement. (2) Taux d’actualisation retenu par les décideurs

La détermination des flux nets de trésorerie appelle les remarques ou précisions suivantes :

Investissement initial : Un projet comporte fréquemment l’acquisition d’une ou plusieurs immobilisations. Il faut également prendre en compte une augmentation du besoin en fonds de roulement d’exploitation. En effet, dans la mesure où le projet accroît l’activité générale de l’entreprise, le besoin de financement du cycle d’exploitation va être plus important. Pendant sa durée de vie, le projet va immobiliser des fonds pour financer ce besoin. Son montant pourra d’ailleurs évoluer dans le temps en fonction du niveau d’activité notamment.

Capacité d’autofinancement supplémentaire : C’est l’ensemble des ressources générées par l’exploitation du projet envisagé, soit la différence entre les flux financiers potentiels entrants et sortants générés par le projet.

L’impôt : L’impôt est calculé au taux en vigueur au moment de l’analyse du projet d’investissement. Actuellement, on peut retenir un taux de 33,1/3 %. Évidemment, cet impôt se calcule sur l’ensemble des activités de l’entreprise et non pas seulement sur l’activité liée au projet étudié. Il est ainsi possible que le bénéfice que peut dégager l’activité liée au projet ne soit pas imposable du fait d’un déficit plus important réalisé sur les autres activités. Mais, en général, on considère que l’entreprise est bénéficiaire sur ses autres activités.

Valeur résiduelle de l’immobilisation : Il peut arriver que la durée retenue pour l’étude du projet soit plus courte que la durée de vie maximale du projet. La valeur de cette immobilisation à la fin du projet doit être estimée et prise en compte dans l’étude de rentabilité. On retient en général la valeur de marché du bien ou, à défaut, la valeur nette comptable.

Récupération du besoin en fonds de roulement d’exploitation : À la fin de sa durée de vie, le projet est supposé disparaître et restituer le besoin en fonds de roulement d’exploitation. Ce désinvestissement (en besoin en fonds de roulement) s’ajoute à la valeur résiduelle.

Par simplification, on considère :

– que les flux liés à l’acquisition sont réalisés en début d’année (acquisition, besoin en fonds de roulement),
– que les flux liés à l’exploitation sont supposés se réaliser en fin d’exercice ;
– que les flux générés par la fin de vie de l’investissement (cession, récupération du besoin en fonds de roulement d’exploitation) sont générés en fin d’exercice.

Les flux de début de période seront inscrits en fin de période précédente. Par exemple, l’investissement qui est effectué en début de 1re période sera placé à une date correspondant à la fin de la période 0.

Remarque : 
La durée de vie retenue pour l’étude exerce une forte influence sur la rentabilité économique du projet. Sa détermination peut reposer sur des données techniques (durée de vie probable des immobilisations) et sur une approche économique faite par l’entreprise. Toutefois, dans la plupart des cas, elle est incertaine car soumise aux aléas économiques. Quoiqu’il en soit, il existe un horizon économique au-delà duquel la prévision devient très aléatoire.

Les critères pour l’évaluation de la rentabilité économique d’un investissement

Il existe plusieurs critères de choix des investissements. Ils peuvent être utilisés séparément ou concurremment.

Le délai de récupération du capital investi (DRCI)

C’est le délai nécessaire pour récupérer l’investissement réalisé. C’est-à-dire le temps nécessaire pour que le cumul des flux nets de trésorerie devienne égal au montant du capital investi. Le DRCI n’est pas un critère de rentabilité mais un critère de liquidité. En effet, il correspond au souci de préserver, à court et moyen terme, l’équilibre financier de l’entreprise.

En pratique, le DRCI est souvent déterminé sans prendre en compte le facteur temps, c’est-à-dire sans actualisation :

Mise en œuvre du principe: Il faut cumuler les flux nets de trésorerie. Le retour sur investissement est obtenu lorsque le cumul est égal à l’investissement.

Conséquences : On mesure le temps nécessaire pour récupérer l’investissement. Plus ce délai est court, plus vite le capital investi sera récupéré.

Pour le projet de la SA Madoni :

delai-recuperation-capital-investi

Le retour sur investissement intervient au cours de la 4e année, soit dans un délai de : 3 ans + [(165 000 – 135 750)/(225 533 – 135 750) × 12 mois] ≈ 3 ans et 4 mois.

La valeur actuelle nette (VAN)

La notion de valeur actuelle nette permet de comparer ce que doit rapporter un projet avec ce qu’il coûte, la comparaison étant faite au temps 0. C’est donc la somme des flux nets de trésorerie actualisés (au temps 0).

valeur actuelle nette

Le projet est rentable si la VAN est positive.

Pour le projet de la SA Madoni :
VAN = – 165 000 + 39 250(1,08)-¹ + 47 250(1,08)-² + 49 250(1,08)-³ + 89 783(1,08)-4
= – 165 000 + 36 343 + 40 509 + 39 096 + 65 993 = + 16 941 €.

Le projet est donc rentable au taux de 8 %.

L’indice de profitabilité

La notion d’indice de profitabilité est étroitement liée à celle de valeur actuelle nette. Son intérêt est de permettre la comparaison entre des projets d’importances différentes.

Indice de profitabilité => ΣFNT actualisés/Investissement initial => Le projet est rentable si l’indice est supérieur à 1.

Pour le projet de la SA Madoni : (36 343 + 40 509 + 39 086 + 65 993)/165 000 = 181 941/165 000 = 1,10.

Le taux interne de rentabilité (TIR)

C’est le taux de rentabilité proposé par le projet. Il correspond au taux d’actualisation tel que la somme des flux nets de trésorerie actualisés est égale à l’investissement (la VAN est alors nulle).

taux interne de rentabilité TIR

Pour le projet de la SA Madoni :
– 165 000 + 39 250(1+t)-¹ + 47 250(1+t)-² + 49 250(1+t)-³ + 89 783(1+t)-4 = 0

Soit ici un taux proche de 12 %.

La résolution de ce type d’équation peut être obtenue de plusieurs manières :
– de façon empirique en essayant des taux successifs puis à l’aide d’une interpolation linéaire ;
– à l’aide de fonctions intégrées aux calculatrices ;
– à l’aide d’une application réalisée avec un tableur.

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Commentaires

  1. OMRI ABDELALIA a écrit:

    il y a des articles pour lesquels il n’y a pas de lien de téléchargement comment faire alors?

  2. C’est le bouton de partage ( printfriendly en vert) il est visible si vous êtes connecté via un pc portable .

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